Catégorie : Tribunes

« Terrorisme d’extrême droite, terrorisme islamiste : la convergence des haines » (Eva Janadin)

« Le 15 mars 2019, l’horreur a encore frappé, et cette fois-ci le responsable n’est pas le terrorisme islamiste, mais celui de l’extrême droite. Lors de la prière du vendredi, deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande ont été attaquées. À nouveau, des dizaines de personnes ont perdu la vie au nom d’une idéologie de haine. Le mouvement des Voix d’un islam éclairé adresse à toutes les familles de victimes ses plus sincères condoléances. Que Dieu les accompagne et leur facilite cette douloureuse épreuve. Cet attentat commis par des suprémacistes blancs est clairement un acte terroriste au même titre que le terrorisme islamiste. Car, il faut le rappeler, il n’y a aucune différence fondamentale entre ces deux idéologies meurtrières qui convergent vers un même point : la haine et l’essentialisation de l’autre.

« L’approche progressiste du soufisme expliquée » (Anne-Sophie Monsinay)

« Le soufisme est à la fois la voie mystique et la voie initiatique de l’islam. Le soufi conçoit son rapport à Dieu par un lien d’amour duquel découle une transformation intérieure grâce à la pratique religieuse. René Guénon considère que la mystique n’a pas sa place dans le cheminement initiatique musulman. (1) Or, cela reviendrait à nier l’amour reliant le Créateur à sa créature, relation exprimée coraniquement par les termes « Wadud » (Amant fidèle) ou « Rahim » désignant, d’après le Lexique coranique de Maurice Gloton, l’Amour matriciel, c’est-à-dire l’Amour créateur et inconditionnel.

« Plaidoyer pour l’égalité hommes-femmes dans le culte musulman » (Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay)

« Le Coran stipule une égalité ontologique entre les genres : « Ô vous les humains ! Vraiment, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Et Nous vous avons constitués en peuples et sociétés afin que vous vous entreconnaissiez. Vraiment, le plus noble d’entre vous au regard de Dieu est celui qui, parmi vous, prend davantage garde. Vraiment, Dieu, Savant, Très-Informé ! » (Coran 49 : 13) Néanmoins, force est de constater que les droits des femmes sont loin d’être respectés dans le cadre du culte où elles sont souvent cantonnées à des rôles mineurs. Certes, les Françaises musulmanes échappent aujourd’hui grâce à la laïcité aux lois inégalitaires que connaissent les pays musulmans comme sur l’héritage, elles ont le droit de devenir théologiennes et de participer pleinement à la vie des associations.

« Islam progressiste : de l’urgence de déconstruire les clichés » (Eva Janadin)

« L’article publié par Sylvie Taussig et Karim Ifrak le 1er février 2019 sur le site The Conversation et intitulé « Des imams femmes pour la France ? » fait preuve de nombreuses inexactitudes, voire de procès d’intention, bien loin de l’expertise universitaire et de l’exigence journalistique dont le site The Conversation se réclame. Je saisis donc ici l’occasion de répondre aux co-rédacteurs de l’article.

« Islam de France : Regardons au-delà de l’organisation du culte » (Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay)

« Organiser le culte et les institutions, bâtir à partir de l’échelon local, consulter les musulmans sur leurs besoins, mutualiser les moyens d’action, surveiller les financements, etc. Tout cela est nécessaire mais insuffisant. Aujourd’hui, l’enjeu principal d’un islam qui veut renouer avec sa dimension universelle réside dans la création de véritables alternatives théologiques et spirituelles. Seules ces dernières permettront de construire un contre-discours pluriel pouvant résister aux forces de dissolution et de fragmentation engendrées par l’obscurantisme, le dogmatisme et le communautarisme islamiste actuel, et qui menacent notre société française. L’urgence qui s’est invitée à la table des musulmans du XXIe siècle est celle de rouvrir les portes de l’effort d’interprétation des textes, des dogmes et des pratiques de cette religion (ijtihâd).

« Islam de France : nous, « majorité silencieuse », faisons entendre nos voix » (Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay)

« Très régulièrement, la « majorité silencieuse » des musulmans dits « modérés » est appelée à se mobiliser pour contrer le monopole intellectuel du discours islamiste. Pourtant, nous ne sommes pas silencieux, loin de là. C’est au contraire à force de dire que nous sommes silencieux que nos voix ne sont pas prises au sérieux au sein comme en dehors de l’islam. Le problème, en revanche, est que nos voix ne portent pas assez car nous sommes bien souvent contraints à une vie spirituelle tapie dans l’ombre de l’intimité.