Catégorie : Quelles alternatives ?

« Islam progressiste : de l’urgence de déconstruire les clichés » (Eva Janadin)

L’article publié par Sylvie Taussig et Karim Ifrak le 1er février 2019 sur le site The Conversation et intitulé « Des imams femmes pour la France ? » fait preuve de nombreuses inexactitudes, voire de procès d’intention, bien loin de l’expertise universitaire et de l’exigence journalistique dont le site The Conversation se réclame. Je saisis donc ici l’occasion de répondre aux co-rédacteurs de l’article.

« Musulmanes et musulmans progressistes, sortez de l’ombre ! » (Abdennour Bidar)

« Mettre fin aux financements étrangers du salafisme, instaurer un contrôle public des organismes qui assurent le pèlerinage à La Mecque, instaurer une taxe sur le gigantesque marché du halal, instituer une formation obligatoire aux valeurs républicaines de tous les imams du territoire, etc.  Toutes ces préconisations du rapport rendu au chef de l’État par Hakim el Karoui sont indispensables. Elles ne règleront cependant pas le problème majeur de l’islam de France : son incapacité à faire émerger de ses propres rangs un mouvement progressiste capable de proposer un modèle alternatif assez puissant pour contrer l’idéologie islamiste – sous toutes ses formes, du radicalisme terroriste au fondamentalisme piétiste en passant par ce conservatisme étroit qui règne aujourd’hui presque sans partage dans l’ethos musulman.

« Jusqu’où adapter ses pratiques à la vie moderne ? » (Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay)

« Voici la cinquième et dernière partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l’Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) en avril sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». La fatigue quotidienne, un emploi du temps surchargé, des imprévus, les contraintes familiales et professionnelles sont autant d’éléments extérieurs qui nous empêchent parfois de répondre à un appel intérieur. Beaucoup de participants semblent regretter de ne pas pouvoir prier à l’heure ou de parfois devoir adapter les horaires de leur jeûne en raison de contraintes extérieures. Une trop grande adaptation aux rythmes effrénés du quotidien revient pour eux à enlever le sens de ces pratiques qui sont calquées sur les rythmes naturels du soleil et des astres.

« Adapter ses pratiques aux enjeux de notre temps » (Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay)

« Voici la quatrième partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l’Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) en avril sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». Les nouveaux enjeux contemporains poussent régulièrement les participants à reconsidérer leurs pratiques par nécessité éthique. Ces dernières sont pour eux de véritables outils pour répondre aux défis de notre temps comme l’écologie, la préservation de la santé humaine, la protection du règne animal, la surconsommation, les inégalités socio-économiques mais aussi les dérives de l’instrumentalisation du religieux par le politique.

« Soutien aux dé-jeûneurs ! » (Eva Janadin)

« Si mon ramadan est encore cette année riche en méditations, je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe d’amertume. Elle me vient des nouvelles médiatiques que j’ai pu croiser ces derniers jours. Chaque année, toujours la même rengaine. Une musique lancinante qui m’est de plus en plus insupportable. Des êtres humains ont de nouveau été agressés pour avoir osé enfreindre les « obligations religieuses ».

« De la volonté de trouver du sens à ses pratiques » (Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay)

« Voici la troisième partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l’Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) en avril sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». Aborder ses pratiques comme des devoirs religieux ? Pour les participants, cela n’engendre chez eux qu’un sentiment de culpabilité lorsqu’elles ne peuvent pas être suivies à la lettre. Il ne s’agit pas d’accomplir un rite simplement « parce qu’il le faut », sans le comprendre, ou encore pour « faire plaisir » à Dieu afin d’obtenir égoïstement sa place au Paradis. Beaucoup souhaitent sortir d’une approche quantitative et comptable du rite pour privilégier la qualité. Les pratiques doivent être libres pour que celles-ci nous apaisent et nous revitalisent intérieurement. Elles ne doivent pas susciter la crainte de Dieu, le désir de cumuler des bons points ou être incitées par la volonté de se faire bien voir par ses coreligionnaires.

« Vers une nouvelle sociabilité spirituelle en islam » (Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay)

« Voici la deuxième partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l’Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) en avril sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». De nombreux participants ont soulevé le fait qu’ils subissent régulièrement le regard culpabilisateur et moralisateur de leurs coreligionnaires sur eux dès lors qu’ils ont une approche singulière de leurs pratiques. Ainsi, certains se sentent mieux lorsqu’ils prient seuls chez eux plutôt qu’à la mosquée car ils ne subissent pas le regard d’autrui. Leur intimité est préservée quitte à ressentir une certaine solitude.

« Singulier, mais pas seul ! » (Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay)

« Voici la première partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l’Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) qui s’est déroulée le samedi 21 avril 2018 à Paris sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». Ceci vise à restituer les échanges entre les 150 participants répartis en groupes de discussion qui ont eu lieu pendant 1h30 sur les différents types de pratiques en islam (dévotionnelles, alimentaires et éthiques).

« Pour une organisation qui rassemble les musulmans progressistes de France » (Abdennour Bidar)

« Comment se fait-il qu’il n’existe toujours pas en France une organisation qui rassemble les musulmans progressistes ? Un mouvement qui fasse exister publiquement les positions de toutes celles et ceux qui ne veulent pas se laisser enfermer dans une alternative fermée : l’adhésion à un islam conservateur, l’abandon de l’islam. Un mouvement qui donne une voix à toutes celles et ceux pour lesquels la foi musulmane est synonyme de quête vivante de sens, au lieu d’être un rituel figé ; de liberté de conscience vis-à-vis des dogmes au lieu de soumission paresseuse ; d’égalité des sexes au lieu de domination masculine ; de tolérance et de non-violence au lieu d’antisémitisme et de rejet de l’autre ; d’une contribution active à la société française au lieu du repli sur soi.

« Origines de l’islam : plaidoyer pour une approche historico-critique » (Hocine Kerzazi)

« Il n’est rien qui ne concerne les origines de l’islam sans déclencher de vifs débats à la fois violents et passionnés. En dehors de faits et concepts utilisés sans vergogne ni scrupule de référencement et qui ont certainement besoin d’être placés dans leurs corrélations historiques pour être correctement compris, il s’y trouve aussi la dimension de la confrontation intra-musulmane – que les uns admettent et que les autres veulent absolument rejeter – dans une course frénétique à qui détient la vérité de l’islam le plus authentique.