Catégorie : Khutba

Khutba #16 « La fête du sacrifice : quels sens et modalités pratiques aujourd’hui ? » (Anne-Sophie Monsinay, 31 juillet 2020)

Je vous souhaite une belle fête du sacrifice ! Que Dieu vous bénisse en ce jour de fête. Qu’il soit une occasion de vous rapprocher de Dieu, de vous-même et des autres.

L’alliance abrahamique à l’honneur

La fête du sacrifice commémore le sacrifice manqué du fils d’Abraham. Cette fête est la plus importante de l’islam c’est pourquoi on l’appelle traditionnellement « la grande fête » (aïd el kebir). Ainsi, la fête islamique la plus importante ne rend pas hommage à Muhammad mais à une autre figure prophétique : Abraham. Cela peut paraître étonnant voir déroutant. En réalité, c’est parfaitement logique. Muhammad n’est ni le seul Prophète des musulmans, ni même le plus important. Il est seulement celui qui scelle une longue lignée Prophétique qui démarre par l’alliance conclue entre Dieu et Abraham. Un sceau n’est pas seulement ce qui termine un document. C’est surtout ce qui l’authentifie. Muhammad confirme l’alliance abrahamique tout comme le Coran confirme les Révélations antérieures.

Khutba #15 « La musique en islam : interdit ou levier spirituel ? » (Anne-Sophie Monsinay, 5 et 19 juin 2020)

La musique a toujours eu une place importante en islam, tout au long de son histoire. Le caractère universel de l’islam permet à cette religion de se développer partout dans le monde. Lorsqu’une religion s’implante sur un nouveau territoire, elle se mêle aux spécificités culturelles du pays et prend une couleur qui lui sera propre et la distinguera de la pratique de cette même religion dans une autre contrée. Les aspects universels qui se retrouvent dans tous les pays seront les pratiques religieuses ou les enseignements coraniques, en sommes tous les aspects marquant une spécificité religieuse islamique. Or, l’islam ne saurait être uniquement une spiritualité. Cette religion s’ancre dans notre quotidien et se mêle à nos autres identités comme la culture ou les conventions sociales. La musique et la diversité des formes qu’elle prendra dans le monde religieux est le reflet de cette culture. Il n’y a donc pas de musique islamique par essence c’est à dire de spécificités musicales propre à l’islam qui seraient codifiées dans un texte religieux ou qui aurait une fonction spécifiquement islamique. Néanmoins, la musique habille l’islam et est un moyen d’expression indispensable de sa spiritualité.

Khutba #14 Aïd El-Fitr « Le couple dans le Coran et en islam » (Eva Janadin, 24 mai 2020)

« Chères sœurs, chers frères en humanité,

As-Salâm ʿalaykum wa rahmatu llâh wa barakâtuhu. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous. ‘Aïd mubarak sa’îd ! Taqabbal Allâhu al-siyâm wa l-qiyâm wa taqabbal Allâhu sâlih al-a’mâl wa kuli yawm wa antum bi-khayr ! Je vous souhaite une bonne fête de la rupture du jeûne ! Que Dieu accepte votre jeûne et vos prières et qu’Il accepte vos bonnes actions. Puissiez-vous bien vous porter chaque jour de l’année ! Que Dieu vous bénisse en ce jour de fête, qu’Il vous apporte la joie et la possibilité de la partager avec vos proches. Puissiez-vous continuer à profiter des vertus et des bienfaits spirituels de ce mois de Ramadan pour le reste de l’année. Que votre cœur s’adoucisse loin des paroles malveillantes, des convoitises et des serments fallacieux. Que votre âme puisse s’apaiser par l’effet de la modération et du partage. Que votre esprit soit guidé par la sobriété, la maîtrise de soi et le silence intérieur.

Khutba #13 « Le mois de Ramadan et la nuit du destin : sens et modalités » (Anne-Sophie Monsinay, 15 mai 2020)

Le sens spirituel du jeûne

Le jeûne renvoie à l’idée d’un retrait du monde et de notre quotidien. « Saoum » signifie « jeûner, s’abstenir, faire abstinence, chômer, se taire, se calmer ». En se privant d’un élément vital pour le corps, nous l’affaiblissons et apprenons à le maîtriser. Nous sommes moins soumis à notre corps, à ses désirs, à notre mental, à notre ego et plus en phase avec notre état divin. En délaissant notre corps, nous nous détournons de ce qui contient notre incarnation et nous ancre dans ce monde. Nous favorisons des états spirituels plus poussés et plus propices à nous relier à l’Unité. Cela ne doit être qu’occasionnel car nous sommes sur terre pour vivre notre incarnation et nous réaliser dans notre corps. Néanmoins, le jeûne est un bon outil pour développer des facultés spirituelles. Paradoxalement, ce délaissement du corps entraîne en réalité une plus grande attention à celui-ci. Nous prenons davantage conscience de notre état physique, de notre force ou faiblesse physique avant de prendre conscience de la force spirituelle prodiguée par le jeûne. Les aliments consommés au moment de la rupture du jeûne le sont avec plus de conscience et ont un effet plus immédiat et ressenti sur notre corps. Par exemple, le jeûne sera vécu avec plus de difficultés au lendemain d’un repas trop copieux ou inadapté.

Khutba #12 « Le jeûne du mois de Ramadan : intention et finalité éthique » (Eva Janadin, 1er mai 2020)

« Chères sœurs, chers frères en humanité,

J’espère que ce début de Ramadan inédit se passe au mieux pour vous toutes et tous malgré les difficultés liées au confinement et à cette pandémie. Je souhaite également que celles et ceux qui ne jeûnent pas, pour des raisons de santé ou par choix, vivent également bien cette période, sans avoir à subir de culpabilité, de déception, ni de sanction ou de pressions extérieures.

Khutba #11 « Renoncer pour être délivré » (Omero Marongiu-Perria, 17 avril 2020)

« La louange revient à Dieu, l’Unique, le Vivant et l’Incommensurable.

Unique, il l’est à double titre ou selon deux approches : la première, qualifiée en arabe d’al-ahadiyya, dérivé du nom divin al-Ahad, exprime l’unité intrinsèque de l’être divin, en Son essence absolue, pure, indivisible et sans équivalent, puisqu’« Il était alors que rien n’était avec Lui », selon le propos divin que le Prophète, paix sur lui, a rapporté de son Seigneur. La seconde, qualifiée en arabe d’al-wâhidiyya, dérivé du nom divin al-wâhid, renvoie à l’expression de cette unité dans la diversité ; unité des noms et des attributs divins, tout d’abord, car ils sont l’émanation de l’essence divine unique, et expression de cette unité dans la diversité du monde puisque, en définitive, notre méditation sur le monde et sur nous même nous amène progressivement à comprendre que Dieu est l’unique réalité tangible, comme nous l’indique ce passage coranique :

Khutba #9 « Le sens et les modalités de la prière rituelle en islam » (Anne-Sophie Monsinay, 27 mars 2020)

Le sens de la prière rituelle

1) La symbolique des gestes

La prière relie à Dieu. Le mot « salat » (sad, lam, wa) est traduit par Maurice Gloton par « action unifiante de graces » et la racine du terme renvoie au fait « d’effectuer la liaison de grâce » et aussi « d’arriver derrière quelqu’un et le rattraper »1. La prière permet de relier notre essence divine immanente à la transcendance de façon à ce que l’Esprit divin en nous « rattrape » la grandeur ou l’inaccessibilité de la transcendance.

Khutba #8 « La contemplation et la connaissance en islam » (Eva Janadin, 28 février 2020)

« Aujourd’hui en islam, on se concentre souvent sur les cinq piliers, et en particulier sur les quatre pratiques rituelles : la prière, le pèlerinage, l’aumône et le jeûne. Or, cette liste place une hiérarchie dans les pratiques spirituelles qui n’existe absolument pas dans le Coran mais que dans les hadiths. D’autres rites évoqués dans le Coran sont jetés aux oubliettes alors qu’ils permettent aussi de cheminer vers Dieu au même titre que ce que l’on appelle les pratiques fondamentales de l’islam. On va s’intéresser aujourd’hui à une de ces pratiques qui est négligée, à tort : la contemplation et la méditation des signes divins. Ces derniers se retrouvent partout, notamment dans la nature ; au fil du temps les êtres humains ont cherché à représenter dans les arts islamiques ces signes, ces symboles qui nous aident à comprendre en profondeur des réalités divines.

Khutba #7 « Le sens universel de l’islam » (Eva Janadin, Paroisse Saint-Guillaume de Strasbourg, 15 février 2020)

« À la sourate 7, verset 172, il est dit dans le Coran :

Et quand ton Enseigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes : « Ne suis-Je pas votre Enseigneur ? » Ils répondirent : « Mais si, nous en témoignons. »

Nous avons ici la mention d’un pacte primordial, al-mîthâq, entre les êtres humains et Dieu. Ce pacte est conclu entre Dieu et l’humanité tout entière : quoi de plus inclusif et de plus universel comme assertion ? Ce pacte n’est pas conclu entre un seul peuple, une seule communauté et Dieu mais entre Le Très-Haut et l’ensemble des êtres humains prêts à sceller cette alliance.