Khutba #14 Aïd El-Fitr « Le couple dans le Coran et en islam » (Eva Janadin, 24 mai 2020)

« Chères sœurs, chers frères en humanité,

As-Salâm ʿalaykum wa rahmatu llâh wa barakâtuhu. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous. ‘Aïd mubarak sa’îd ! Taqabbal Allâhu al-siyâm wa l-qiyâm wa taqabbal Allâhu sâlih al-a’mâl wa kuli yawm wa antum bi-khayr ! Je vous souhaite une bonne fête de la rupture du jeûne ! Que Dieu accepte votre jeûne et vos prières et qu’Il accepte vos bonnes actions. Puissiez-vous bien vous porter chaque jour de l’année ! Que Dieu vous bénisse en ce jour de fête, qu’Il vous apporte la joie et la possibilité de la partager avec vos proches. Puissiez-vous continuer à profiter des vertus et des bienfaits spirituels de ce mois de Ramadan pour le reste de l’année. Que votre cœur s’adoucisse loin des paroles malveillantes, des convoitises et des serments fallacieux. Que votre âme puisse s’apaiser par l’effet de la modération et du partage. Que votre esprit soit guidé par la sobriété, la maîtrise de soi et le silence intérieur.

Le couple et le mariage dans le Coran

Dans le Coran, Dieu affirme clairement une égalité ontologique entre l’homme et la femme. Tous les deux ont été créés d’une âme unique :

Ô vous les humains ! Prémunissez-vous envers votre Enseigneur qui vous a créés d’une Âme unique, Il a créé d’elle son aspect conjoint. Et Il a disséminé issu d’eux nombre d’hommes et de femmes. Prémunissez-vous envers Dieu, au sujet duquel vous vous interrogez mutuellement, et aussi envers les matrices. Vraiment, Dieu, à votre égard, se révèle Vigilant ! (Coran 4, 1)

C’est Lui qui vous a développés à partir d’une Âme unique. (Coran 6, 98)

Malheureusement, force est de constater que les inégalités sociales entre hommes et femmes ont perduré jusqu’à aujourd’hui. La femme était considérée comme un véritable objet dans la société arabe préislamique, le Coran est venu lui apporter plusieurs droits révolutionnaires pour l’époque afin de la libérer. Elle avait désormais le droit d’hériter et d’être mieux protégée dans le cadre du mariage et du divorce. Bien sûr, ces changements n’ont pas permis d’atteindre l’égalité ontologique postulée par Dieu, mais cette inégalité juridique de l’époque n’était que conjoncturelle et non absolue. Nous avons la responsabilité de la faire évoluer aujourd’hui pour nous rapprocher de cet idéal. Dieu n’a pas sacralisé le contexte du VIIe siècle et ses coutumes sociales, il les a prises en considération pour que les générations suivantes les améliorent. C’est là le cœur de la démarche progressiste de l’islam que nous proposons au sein des Voix d’un islam éclairé, à travers la « lecture vectorielle » de Mohammed Talbi qui nous incite à atteindre les finalités du texte et à voir au-delà de la lettre.

Cette égalité complète entre l’homme et la femme doit toucher tous les domaines, y compris au sein du couple :

Comment oseriez-vous le reprendre, après que l’union la plus intime vous ait associés l’un à l’autre et qu’elles aient obtenu de vous un engagement solennel ? (Coran 4, 21)

Le mariage est ici qualifié de mithâq ghâlizh, c’est-à-dire un contrat lourd de sens. Or, mîthâq est le même terme utilisé dans le Coran pour désigner le Pacte sacré prétemporel qui unit l’humanité, les Prophètes à Dieu :

Et quand ton Enseigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes : « Ne suis-Je pas votre Enseigneur ? » Ils répondirent : « Mais si, nous en témoignons. » (Coran 7, 172 ; voir aussi : Coran 3, 81 ; Coran 23, 7)

Ainsi, le mariage est un serment mutuel conclu entre deux êtres ici-bas de la même manière que l’alliance qui unit les humains à Dieu. L’alliance était une thématique fondamentale pour les tribus de l’époque : le serment y était sacré. Rompre un pacte et ne pas tenir parole provoquait la dissolution du lien social, de la confiance et pouvait entraîner la perte du salut voire de la vie puisque le clan était garant de la survie de ses membres :

Ceux qui te prêtent serment d’allégeance ne font que prêter serment à Dieu : la main de Dieu est au-dessus de leurs mains. Quiconque viole le serment, ne le viole qu’à son propre détriment ; et quiconque remplit son engagement envers Dieu, Il lui apportera bientôt une énorme récompense. (Coran 48, 10)

Tenir sa parole est d’ailleurs selon le Coran l’un des critères de la vertu foncière (al-birr) qui est placée au même niveau que la foi, la prière ou encore l’aumône :

La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Dieu, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’accomplir la prière et d’acquitter l’aumône. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux ! (Coran 2, 177)

Ainsi, le pacte consacré lors du mariage est placé à égale importance que le pacte qui lie Dieu à Ses créatures et qui scelle les liens sociaux.

Cet accord ne peut donc pas être unilatéral, au bénéfice de l’homme uniquement. Il est mutuel et implique nécessairement l’égalité entre les deux conjoints, comme en témoignent deux notions que l’on retrouve dans les versets 232 et 233 de la sourate 2 : al-tashawwur et al-taradî, c’est-à-dire l’entente et la concertation qui sont les valeurs cardinales du mariage dans le Coran.

Dans un couple, il faut être capable d’écouter l’autre, de faire des compromis et de se mettre à sa place pour éviter les relations purement égoïstes. Même l’allaitement de l’enfant doit faire l’objet d’une concertation :

Si alors elles allaitent (l’enfant né) de vous, subvenez à leurs besoins et concertez-vous selon l’usage reconnu. (Coran 65, 6)

Les valeurs du dialogue garantissent le mariage, où chacun doit être capable d’entrer dans la peau de l’autre et de le connaître parfaitement :

Elles (vos épouses) sont un vêtement pour vous autant que vous l’êtes pour elles. (Coran 2, 187)

L’idée même de mariage forcé au nom de l’islam va donc à l’encontre de la Parole divine. Un hadith rapporté par al-Bukhârî vient confirmer cela : « Les femmes ne seront mariées qu’avec leur consentement. » Le mariage forcé était la norme dans la société préislamique, l’islam est venu apporter un progrès social pour les femmes avec l’idée d’un mariage fondé sur le consentement mutuel, et avec la possibilité d’hériter et d’être respectées :

Ô les croyants ! Il ne vous est pas licite d’hériter des femmes contre leur gré. Ne les empêchez pas de se remarier dans le but de leur ravir une partie de ce que vous aviez donné, à moins qu’elles ne viennent à commettre un péché prouvé. Et comportez-vous convenablement envers elles. Si vous avez de l’aversion envers elles durant la vie commune, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose où Dieu a déposé un grand bien. (Coran 4, 19)

Autres vertus cardinales du mariage : les membres du couple sont unis par l’amour (al-mawwada), la compassion (al-rahma) et le soutien mutuel (al-sakîna) :

Parmi Ses signes, qu’Il ait créé pour vous et de vous-mêmes des complémentaires (azwâj) afin que vous preniez appui l’un à l’autre et qu’Il ait mis entre vous doux amour et bienveillance. Vraiment, il y a en cela des signes pour ceux qui réfléchissent. (Coran 30, 21)

La traduction standard retranscrit azwâj par « épouses » ce qui va à l’encontre de l’égalité ontologique postulée par Dieu. La femme n’a pas été créée pour l’homme donc elle n’est pas là pour assurer le bien-être de l’homme dans le mariage. Cet appui et cet amour sont mutuels et complémentaires.

Il est important aussi de constater que mawwada et rahma sont tirés de deux noms divins : al-Wadûd, le Tout-d’Amour et al-Rahmân, le Clément et le Miséricordieux. De nouveau on retrouve une analogie entre l’amour qui unit les membres du couple et celui qui unit l’être humain à Dieu. Selon le Dr Al Ajamî, faire de l’amour et la bienveillance la base du couple venait bouleverser les mentalités de l’époque où le mariage n’avait qu’une fonction sociétale et tribale pour unir les familles d’un même clan, ou encore une fonction de reproduction sexuelle.

Outre cet amour conjugal, le Coran évoque aussi al-fadl, la générosité qui doit unir les époux :

N’oubliez pas la générosité qui vous unit. (Coran 2, 237)

Générosité matérielle mais aussi générosité spirituelle et morale. Cela nous permet de rappeler que la polygamie n’est pas du tout encouragée dans le Coran. Au contraire, Dieu cherchait à la réduire le plus possible : en effet, comment être équitable et généreux avec plusieurs épouses ? Le Coran ne fait que noter et prendre en compte l’usage social de la polygamie en vigueur à cette époque tout en mentionnant que cette situation socio-culturelle doit être dépassée vers une monogamie absolue :

Dieu n’a point mis deux cœurs dans la poitrine d’un homme. (Coran 33, 4)

Vous ne pourrez jamais être équitable envers vos épouses quand bien même le désireriez-vous. (Coran 4, 129)

Même dans le cadre d’une séparation et d’un divorce, les relations cordiales et la bienveillance mutuelle doivent être préservées à travers l’idée de bienséance et de convenance (ma’rûf) :

Et quand vous divorcez d’avec vos épouses, et que leur délai de viduité expire, alors, reprenez-les conformément à la bienséance (ma’rûf) ou libérez-les conformément à la bienséance (ihsân). Mais ne les retenez pas pour leur faire du tort : vous transgresseriez alors et quiconque agit ainsi se fait du tort à lui-même. Ne prenez pas en moquerie les versets de Dieu. Et rappelez-vous le bienfait de Dieu envers vous, ainsi que le Livre et la Sagesse qu’Il vous a fait descendre ; par lesquels Il vous exhorte. Et craignez Dieu, et sachez que Dieu est Omniscient. (Coran 2, 231)

Enfin, il faut mentionner que le mariage religieux en islam n’existe pas au sens où on l’entend aujourd’hui. Le mariage civil profane accorde les mêmes droits et devoirs que le mariage juridique en islam ainsi que les mêmes rituels dans le cadre de la cérémonie comme par exemple la présence des témoins. Le mariage est donc avant tout un contrat moral et civil, il n’est pas un sacrement ou une union sacrée intouchable, qui est une vision essentiellement chrétienne. Ainsi, la séparation est facilitée. Un divorce concerté et bienveillant n’engage en rien le salut des âmes.

Toujours pour protéger les femmes et les libérer, un mari ne pouvait pas accuser à tort sa femme d’adultère pour pouvoir la quitter sans la dédommager. Un mari ne pouvait pas désavouer l’enfant de son épouse légitime sauf s’il l’accusait d’adultère et en se pliant à la procédure du li’ân (serment d’anathème) (Coran 24, 6-9). Cette dernière l’obligeait à se séparer de son épouse et à invoquer la malédiction divine sur lui-même s’il mentait ; et s’il refusait de se soumettre à cette procédure il encourait la peine de flagellation pour accusation mensongère d’adultère.

Par ailleurs, les traditions prophétiques insistent pour que l’enfant illégitime en cas d’adultère soit bien traité car il n’est pas responsable comme en témoigne le verset :

Personne ne portera la responsabilité d’autrui. (Coran 6, 164)

Ce qui est confirmé par certains hadiths :

Nul n’est tenu responsable pour le crime (ou la faute) de son père ou de son frère.

Adultère

L’adultère est qualifié dans le Coran de fâhisha, c’est-à-dire une turpitude ; une chose abominable, monstrueuse et immorale selon l’étymologie de ce terme (Coran 17, 32). Pour quelles raisons ? Nous devons rappeler que l’union conjugale est avant tout une affaire de serment et d’alliance lourde de sens et que rompre cette alliance, c’est rompre une confiance qui avait été donnée, c’est commettre une injustice et une tromperie pour le conjoint trahi.

L’adultère est le fruit d’une infidélité et d’une trahison très douloureuse et blessante, ainsi que la rupture d’un pacte et d’un contrat social et moral ; celui du mariage. Or, le Coran fait référence à de nombreuses reprises à une vertu morale très importante : la loyauté et la fidélité dans le respect des pactes et des serments. Le mariage en islam est le signe de la capacité à garder sa parole et à faire une promesse de fidélité.

Quant aux punitions coraniques infligées pour les couples adultérins (Coran 24, 2), le Dr Al Ajamî déconstruit l’idée qu’elles seraient absolues et atemporelles notamment parce qu’elles sont impossibles à mettre en œuvre juridiquement parlant et n’ont qu’une fonction dissuasive. Il faudrait fournir par exemple 4 témoins pour juger un adultère, ce qui est tout bonnement impossible. Ces peines sont conjoncturelles, propres à un certain contexte où on les utilisait fréquemment pour punir les criminels. Elles sont aujourd’hui caduques et ne doivent pas nous faire perdre de vue que ce qui est condamné est avant tout la tromperie. À travers cette condamnation, le Coran de nouveau nous incite à nous améliorer moralement. De même, le calomniateur qui ment sur une femme ou un homme ayant commis l’adultère est lourdement réprimé et encourait des peines légales réelles dans la société de la Révélation ; le texte insiste de nouveau sur l’immoralité des actes comme la calomnie et le mensonge comme l’est celle de la tromperie et de l’infidélité.

Par ailleurs, il faut toujours se rappeler que la repentance sincère auprès de la personne blessée et auprès de Dieu est aussi possible pour se racheter de ses fautes morales car Dieu est Très-Rayonnant d’Amour, Pardonneur et Juste.

Fornication et sexualité

La sexualité n’est donc pas du tout diabolisée dans le Coran mais elle n’est incitée que dans le cadre d’une relation de confiance mutuelle et de fidélité. En islam, le mariage est pourtant mal compris car il est vu comme étant la seule institution rendant les rapports sexuels licites, interdisant la fornication. En réalité, le Coran ne s’exprime pas sur la moralité des rapports sexuels hors mariage. Or, toute absence d’interdiction scripturaire coranique équivaut à une permission. Le mariage n’est pas vu comme servant à la reproduction sexuelle. Se marier simplement pour avoir des relations sexuelles va ainsi à l’encontre du Coran qui place la barre bien plus haut car nous avons vu précédemment que Dieu insiste sur l’idée que l’amour et la bienveillance mutuelle, et non la sexualité, forment les deux fondements du mariage.

Pourtant, cette vision erronée du mariage en islam pousse certains couples à se marier rapidement voire temporairement pour avoir des relations sexuelles jugées licites et sans mariage civil préalable simplement pour obtenir la bénédiction de leur famille tout en risquant en France de ne pas être protégé par le pacte du mariage civil. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’aujourd’hui aucun ministre du culte en France ne peut célébrer un mariage religieux sans mariage civil préalable.

Par ailleurs, il est frappant de voir à quel point dans les traductions françaises les termes de fornication et d’adultère sont mélangés alors que le Coran fait clairement la différence entre les deux : zinâ qualifie l’adultère et sifâh désigne la fornication.

Les confusions persistent dans les traductions les plus communes sur internet ou celle de Maurice Gloton :

Ne vous approchez point de la fornication car c’est certes une turpitude et quel mauvais chemin. (Coran 17, 32)

Et ils ne commettent point la fornication, celui qui s’adonne à cela sera confronté à un blâme, la punition lui sera doublée le jour de la résurrection et il y demeurera dans l’humiliation. (Coran 25, 68)

La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi de Dieu – si vous croyez en Dieu et au Jour dernier. Et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition. (Coran 24, 2)

Pourtant dans ces trois versets : c’est bien le terme zinâ, à savoir l’adultère, qui est employé en arabe et jamais celui de sifâh, c’est-à-dire la fornication. Les confondre revient à faire un contre-sens.

Dans le Coran, la fornication n’est abordée explicitement que dans les versets 24 et 25 de la sourate 4. Ces versets parlent de fornication dans un contexte bien spécifique : la question de l’esclavage sexuel. Dans ce passage, les rapports sexuels avec les femmes esclaves ne doivent se faire que dans le cadre du mariage dans l’unique but de protéger socialement ces femmes esclaves et d’éviter les abus qu’elles subissaient à l’époque préislamique. Par le mariage, ces femmes esclaves pouvaient alors être affranchies, bénéficier des dotations nuptiales et de l’assurance que leurs enfants seront protégés par le mari. Il n’y a donc pas de jugement moral ici à la fornication en tant que telle mais parce que celle-ci était commise à l’époque comme prétexte pour abuser sexuellement des esclaves. On est donc ici plutôt dans le cadre de la vocation coranique à inciter en permanence à l’affranchissement des esclaves et non dans une logique de diabolisation de la sexualité hors mariage puisque seul l’adultère est qualifié de fâhisha et jamais la fornication.

Malgré ces constations coraniques, la fornication est très mal vue en islam notamment à cause de plusieurs traditions attribuées au Prophète (pbsl) qui vont jusqu’à interpréter un regard vers le sexe opposé comme une fornication :

Les yeux aussi prennent part à la fornication, et leur part c’est le regard, les oreilles par l’écoute, la langue par les mots, la main par le toucher, les pieds par la marche vers la turpitude, le cœur par le désir puis le sexe vient confirmer ou démentir tout cela.

Ou encore :

Le regard est une flèche empoisonnée du diable, celui qui le maîtrise par crainte pour moi, je lui donnerai comme récompense une quiétude dont il sentira le goût dans son cœur. (rapporté par al-Hakim)

Cette chasteté vivant la sexualité comme un mal diabolique vient même à être interprétée comme une chose à maîtriser y compris dans le cadre du mariage : certaines pratiques sexuelles comme la sodomie sont considérées comme des actes impurs et pervers. Par exemple, le verset 222 de la sourate 2 qui demande d’éviter les relations sexuelles en période de menstrues est interprété par les fondamentalistes comme étant un moyen d’interdire la sodomie, alors qu’il s’agit juste d’éviter un inconfort (adha) pour la femme en raison de ses règles.

Le mariage dans cette conception de la sexualité n’est plus du tout vu comme dans le Coran (un pacte de fidélité) mais comme un moyen d’éviter de se retenir d’avoir des relations sexuelles. Dans certains hadiths toutes les techniques sont envisagées pour maîtriser ses désirs avant le mariage :

Ô vous les jeunes, que celui qui parmi vous en a la possibilité se marie. Si vous ne pouvez pas, trouvez votre force dans le jeûne car il vous aidera mieux à maîtriser votre regard et à préserver votre chasteté. (rapporté par al-Bukhârî)

Certains vont jusqu’à dire que le jeûne éviterait ainsi de se masturber ! La sexualité hors mariage n’est vue dans ces traditions prophétiques que comme l’incarnation du mal et provoque de nombreuses frustrations dont cette obnubilation de l’hymen et de la virginité féminine qui n’est pourtant absolument pas mentionnée dans le Coran mais dans certains hadiths uniquement, qui sont les vecteurs des traditions patriarcales de l’époque et bien loin de la sagesse coranique.

La sexualité et le corps de la femme ont été ainsi diabolisés dans ces interprétations. Ainsi faut-il également condamner cette obsession de la chasteté et de la virginité féminine ainsi que toutes les scarifications sexuelles comme l’excision visant à anéantir le désir féminin. Ces dérives sociales et ces pressions sur le corps féminin sont inadmissibles et profondément anti-coraniques. Les pressions sont telles aujourd’hui que certaines femmes, pour ne pas être exclues de leur famille et de la société, se font reconstruire l’hymen pour éviter que l’on sache qu’elles ont eu des relations sexuelles avant le mariage. Ce sont une nouvelle fois des habitudes culturelles et patriarcales liées à une compréhension erronée du Coran qui guident ces décisions et qui n’ont rien à voir avec la religion.

Mariages mixtes

Vous êtes nombreux à nous faire part régulièrement de votre désir de vous unir dans le cadre d’un mariage mixte interreligieux ou interconvictionnel et nous recevons régulièrement vos témoignages et vos difficultés notamment le rejet de vos familles qui refusent votre choix, surtout pour les femmes musulmanes qui souhaitent s’unir à des non-musulmans, au point que cela provoque d’importantes frictions voire des divisions irrévocables dans les familles. Nous nous désolons de ces situations et de ces préjugés qui continuent d’aveugler des générations entières.

En général, le cas d’un musulman qui se marie avec une non-musulmane ne pose pas de problème car le texte est très explicite :

(Vous est permise) l’union avec les femmes croyantes (al-mu’minât) et de bonne condition, et avec les femmes de bonne condition faisant partie du peuple auquel le Livre (al-kitâb) a été donné avant vous. (Coran 5, 5)

Néanmoins, pour les plus fondamentalistes, même cette union en dehors des pays musulmans est mal vue ! Selon le cheikh islamiste algérien Hamani, un musulman vivant en France et marié avec une chrétienne ou une juive est devenu un apostat. Il n’est plus considéré comme musulman car il réside en territoire de « mécréance » et sa nationalité française le fait échapper à la loi islamique qui régit les territoires de l’Islam. En revanche, selon certains juristes malikites, ce mariage est permis en pays d’Islam mais simplement déconseillé en dehors de ces territoires, puisque le mari musulman peut alors légalement échapper à ses devoirs religieux.

En réalité, ce rejet vient d’une peur identitaire racialisée totalement injustifiée d’un point de vue religieux : la peur des musulmans établis en situation de minorité en dehors des terres d’Islam qui auraient tendance à diluer leur nombre et leur identité par la mixité et la cohabitation avec des non-musulmans. À l’inverse, certains non-musulmans identitaires arguent le fait que le mariage mixte est permis pour les hommes musulmans car la femme non-musulmane serait soi-disant sous la domination de l’homme et finira par se convertir à l’islam pour augmenter le nombre de musulmans en territoire non musulman. Bien sûr, cela va à l’encontre de l’égalité ontologique précédemment évoquée dans le Coran et cela ne relève que d’un fantasme, de préjugés racistes, ainsi que d’une peur du grand remplacement qui est par ailleurs totalement infondée statistiquement.

Un deuxième cas de figure pose en revanche plus de problème, celui d’une musulmane qui cherche à épouser un non-musulman. Dans le verset 5 de la sourate 5, il n’y a aucune indication pour savoir si une musulmane peut se marier avec un juif ou un chrétien. Cette absence est interprétée par certains comme une interdiction. Alors que pourtant, ce qui n’est pas explicitement interdit dans le Coran est autorisé à partir du moment où cela respecte les principes coraniques notamment celui de l’égalité ontologique entre les hommes et les femmes. Interdire aux femmes ce qui est permis aux hommes revient à estimer que tout ce qui ne s’adresse qu’au genre masculin dans le Coran ne concernerait pas les femmes : ainsi, on pourrait aller jusqu’au bout de cette logique et dire que les femmes n’auraient pas le droit de jeûner ni de prier puisque ces obligations ne sont pas données au féminin dans le texte ! En réalité le Coran s’adressait plus souvent aux hommes qu’aux femmes. D’ailleurs certaines femmes se sont révoltées de ce fait et un verset avait été révélé au féminin et au masculin de manière symétrique. En l’occurrence, les versets 4 et 5 de la sourate 5 furent justement révélés suite à une question précise posée au Prophète par un groupe d’hommes au sujet de la chasse, des normes alimentaires et du mariage mixte. Cela explique que la réponse à cette question du mariage mixte ne s’adresse qu’aux hommes et non aux femmes. Comme souvent, l’explication est toujours conjoncturelle et donc non absolue et atemporelle.

En général, ce qui motive le rejet des familles de ce type de mariage mixte est aussi la peur que la mère musulmane ne puisse pas élever ses enfants dans l’islam. De nouveau, cela vient d’une fausse idée patriarcale selon laquelle le père serait l’unique responsable de la transmission de l’identité religieuse à ses enfants, et cela vient en plus contredire le Coran :

Ô vous les humains ! Prenez garde à Dieu, et redoutez le Jour où aucun géniteur ne répondra de sa progéniture, où une progéniture ne répondra en rien de son géniteur. Vraiment, la Promesse de Dieu est Vérité ! Alors, que cette vie d’ici-bas, sûrement, ne vous séduise pas, et que le Séducteur ne vous trompe pas au sujet de Dieu. (Coran 31, 33)

À d’autres endroits Dieu, répète que chacun est responsable de lui-même le Jour du Jugement Dernier et que nul ne portera la charge, la responsabilité et le fardeau d’un autre, pas même son épouse ou son époux :

Or, personne ne portera le fardeau d’autrui, Et si une âme surchargée – de fautes – appelle à l’aide, rien de sa charge ne sera supporté par une autre, même par un proche parent. (Coran 35, 18)

C’est la grande leçon à retenir de l’islam coranique qui est très personnel et individuel, à savoir une affaire de conscience personnelle et où personne ne peut interférer et provoquer la foi chez autrui. En islam, les parents n’ont aucune obligation de transmettre leur identité religieuse ! Cela ne doit pas pour autant laisser place à une absence et à une inculture religieuse et spirituelle qui fait aujourd’hui des ravages incitant certains jeunes esprits à croire tout ce que des prédicateurs malveillants leur racontent sur l’islam car ils n’ont pas suffisamment de connaissances sur les textes religieux pour remarquer la supercherie. Au contraire, les parents ont la responsabilité de cultiver leurs enfants par une éducation historique et spirituelle critique digne de ce nom. Mais en aucun cas ils n’ont l’obligation d’inciter leurs enfants à devenir musulmans et à s’identifier ainsi aux yeux de la société. C’est à l’enfant, plus tard, lorsqu’il aura la maturité nécessaire à l’âge adulte, de librement décider d’accueillir et de mettre en œuvre ou non l’héritage de ses parents sans qu’il y ait par ailleurs de concurrence entre les deux parents dans le couple mixte. Ainsi, l’islam n’appartient à aucun peuple et n’est pas une affaire de transmission par le sang mais bien une affaire de conscience et de consentement intime et personnel à une alliance avec Dieu. On ne naît pas musulman, on le devient. J’avais déjà développé ces idées dans un précédent sermon que je vous invite à relire pour l’occasion.

Enfin, dernier cas dans le cadre du mariage mixte qui pose problème : dans les deux premiers cas, le conjoint est croyant monothéiste (juif ou chrétien). Dans un troisième cas : le ou la musulmane n’aurait pas le droit de se marier avec ce que le Coran appelle des kuffâr/kawâfir ou encore des mushrikûn/mushrikât. Je ne traduis pas volontairement ces deux termes car ils sont à recontextualiser afin d’éviter l’anachronisme historique et théologique.

Dieu dit dans le verset 10 de la sourate 60 :

Ne retenez pas en les épousant celles (et ceux) qui sont kawâfir/kuffâr.

Certains musulmans assimilent la racine kafara aux athées d’aujourd’hui car cela signifie le fait de recouvrir les signes divins et de ne pas vouloir les reconnaître ; alors que ce terme désignait précisément les polythéistes arabes de La Mecque qui refusaient d’adopter la foi monothéiste des premiers musulmans. L’athéisme tel qu’on le connaît aujourd’hui, postulant l’absence de Dieu, n’existait pas à cette époque.

De plus, il ne faut pas oublier les circonstances de la révélation de ce verset qui a été révélé après l’arrivée d’une femme nommée ‘Umm Kalthûm Bint ‘Uqba qui avait fui La Mecque pour échapper aux représailles de sa famille qui lui reprochait sa conversion à l’islam :

Ô vous les croyants ! Lorsque les croyantes qui ont émigré, viennent à vous, éprouvez-les. – Dieu connaît parfaitement leur foi – Si vous les considérez comme des croyantes, ne les renvoyez pas vers les incrédules ; elles ne sont plus licites pour eux ; ils ne sont plus licites pour elles. (Coran 60, 10)

Ce verset ne fait donc que répondre à un contexte particulier qui n’édicte aucune règle générale : l’union mixte des musulmanes et des musulmans avec les polythéistes de La Mecque a dû être interdite à ce moment-là car ces derniers refusaient les conversions à l’islam. La révélation de ce verset a en réalité permis aux nouveaux convertis de ne pas être renvoyés à La Mecque auprès de leur ancien conjoint non-musulman et ainsi rester en sécurité à Médine. C’est donc l’intolérance qui a mené à cette interdiction ; aujourd’hui, dans un contexte où la liberté de conscience est garantie par la loi et où la tolérance dans une société mixte est bien plus développée qu’auparavant, de tels mariages mixtes interconvictionnels n’ont aucune raison de ne pas pouvoir se faire tant qu’ils permettent de préserver les croyances de chacune et de chacun.

Enfin, certains diront que ces mariages sont certes possibles mais que la personne non-musulmane devrait obligatoirement se convertir à l’islam. Mentionnons de suite que le Coran ne stipule aucune conversion de la part du conjoint monothéiste qui peut rester dans sa religion sans jamais se convertir à l’islam. Mais il est en effet dit dans le verset 221 de la sourate 2 :

N’épousez pas de femmes mushrikât avant qu’elles croient. (…) Ne mariez pas vos filles à des mushrikûn avant qu’ils croient.

De la même manière, pour éviter l’anachronisme, on ne peut pas associer le terme mushrikûn et mushrikât à l’athéisme d’aujourd’hui ou à l’agnosticisme, car ce n’est pas l’absence de foi qui était reprochée aux polythéistes de La Mecque mais le fait de limiter Dieu dans des statuettes et d’avoir des superstitions irrationnelles.

Mais surtout, une conversion à l’islam n’est pas sincère si elle est faite par opportunisme et par intérêt personnel, pour avoir le droit d’épouser un ou une musulmane. La conversion est une affaire de choix et non de contrainte : « Pas de contrainte en religion. » (Coran 2, 256). Rendre la conversion obligatoire pour se marier va à l’encontre des recommandations divines qui incitent à rejeter toute hypocrisie dans la foi. Dieu critique à de très nombreuses reprises les premiers musulmans qui ne s’étaient convertis que superficiellement sans avoir la foi, par convenance sociale ou par opportunisme, ils étaient alors qualifiés d’hypocrites (al-munâfiqûn) :

Parmi les gens, il y a ceux qui disent : « Nous croyons en Dieu et au Jour dernier ! », tandis qu’en fait, ils n’y croient pas. (Coran 2, 8)

Les hypocrites cherchent à tromper Dieu, mais Dieu retourne leur tromperie (contre eux-mêmes). Et lorsqu’ils se lèvent pour la prière, ils se lèvent avec paresse et par ostentation envers les gens. À peine invoquent-ils Dieu. (Coran 4, 142)

Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : « Nous témoignons que vraiment tu es le Messager de Dieu. » Or, Dieu sait bien que tu es bien Son Messager. Dieu témoigne que vraiment les hypocrites sont des menteurs. / Ils prennent leurs serments comme bouclier. Alors, ils se détournent du chemin de Dieu. Vraiment, comme est mauvais ce qu’ils font ! (Coran 63, 1-2)

Nous avons reçu certains témoignages de personnes qui avaient finalement cédé à la pression familiale de leur conjoint musulman et avait fini par se convertir pour légitimer leur union. Il ne faut pas les blâmer pour autant vu la difficulté de ce genre de situations. Le but n’est pas de distribuer des mauvais points et de juger. Mais un travail de pédagogie est nécessaire pour éviter que des familles musulmanes soient prêtes à faire du chantage au conjoint ou à la conjointe de leur progéniture pour les forcer à se convertir. Ce travail ne peut passer que par une meilleure connaissance des textes et de leur contexte historique.

Les mentalités devront de toute façon changer sous la pression de la réalité car les mariages mixtes sont désormais en forte croissance dans notre société française. Cette hybridité est une force car elle insuffle en chacun de nous l’amour de la tempérance et le rejet de la peur face à l’inconnu. La mixité ne met pas en danger l’identité personnelle ; elle n’est en aucun cas une trahison de ses origines familiales et culturelles. Bien au contraire, la pluralité de nos origines et de nos convictions est un signe divin qui nous incite à rejeter le communautarisme, quel qu’il soit. La mixité et l’hybridité sont à voir comme des devoirs pieux et de fidélité au Coran. Elles sont l’occasion de redécouvrir toute la sagesse divine, celle d’aller bien au-delà d’une simple coexistence distante des religions, des communautés et des convictions pour entrer dans une véritable connaissance mutuelle :

Ô vous les êtres humains ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. Dieu est certes Omniscient et Grand Connaisseur. (Coran 49, 13)

  • Amadou Kane

    Merci pour l’effort de vulgarisation du texte sacré dans ses aspects relatifs au mariage et à la sexualité. Pour ma part, je pense que même si la polygamie n’est pas encouragée, il demeure qu’elle n’est pas prohibée. En outre , si elle permet d’éviter l’exploitation des femmes qui , dans de nombreux pays , sont en situation de vulnérabilité économique , je dis pourquoi pas ? Si elle permet d’empêcher ou de réduire la divagation , j’applaudis également. En tout cas, chez nous en Afrique, la polygamie est préférée à ce qu’on appelle les 2e bureaux car , elle permet d’avoir des relations conjugales transparentes et à bien des femmes d’avoir un époux. En mode monogamie, ce ne serait pas le cas . Je sais qu’elle est mal vue en Occident et elle peut même choquer. Enfin , s’agissant de la sexualité, je pense quand même que , toutes les religions ont une position commune , quant au caractère illicite de la relation sexuelle hors mariage. D’ailleurs s’il n’en était pas ainsi , il y aurait beaucoup de conflits au sujet de la paternité des enfants. Donc il vaut mieux décourager les relations sexuelles informelles. Peut-être que pour certains je suis un ringard. Mais j’exprime une position loin d’être isolée ici en Afrique.

    • Eva Janadin

      Bonjour, merci pour votre intérêt. Concernant la polygamie, elle était la norme à l'époque du Prophète mais est largement déconseillée et désapprouvée par Dieu dans le Coran : il est impossible (que ce soit matériellement ou moralement) de donner la même attention à chacune de vos épouses. C'est par l'éducation et l'accès au travail que les femmes ne seront plus en situation de vulnérabilité économique et non en préférant la polygamie qui n'est qu'un pansement pour éviter de s'occuper des vrais problèmes. Quant à la transparence des relations, dans un couple monogame qui s'engage justement à la fidélité, la transparence est aussi assurée. Le mariage vise à aller dans cette direction et à s'améliorer éthiquement sans qu'il y ait besoin d'artifices comme la polygamie. Si l'on considère que la polygamie n'est qu'un moyen d'éviter d'aller voir ailleurs et de tromper sa femme, que dire alors de la condamnation morale de l'adultère dans le Coran ? Le but est que chaque être humain soit capable de rester fidèle envers son ou sa conjointe grâce à un effort éthique intérieur. Je pense qu'il ne faut pas mettre la question de la polygamie sur le compte du relativisme culturel Orient-Occident. Il s'agit plutôt de se demander comment les femmes peuvent accéder à leur libération de la manière la plus efficace possible : or, la polygamie n'est pas une finalité et elle a par ailleurs été disqualifiée dès le début par le Coran. Pour la sexualité, les interprétations religieuses n'encouragent pas la fornication mais le Coran en lui-même ne la condamne que dans un seul cas : celui des femmes esclaves. Le mariage leur était refusé ainsi que sa protection sociale. Il n'y a donc pas condamnation de la fornication dans le sens où les relations sexuelles hors mariage seraient en tant que telles immorales mais parce que le mariage à cette époque apportait une protection sociale qu'il était injuste de refuser à une femme sous prétexte que sa condition ne lui permettait pas de vivre librement. Nous sommes dans le domaine de l'incitation à libérer les femmes et non dans le domaine du jugement moral de la sexualité. Il ne faut à mon sens pas se tromper de domaine. Quant à la filiation : la question est effectivement importante : à une époque où la contraception n'était pas la norme, il était évidemment pour le bien-être matériel et psychologique de l'enfant il fallait connaître la paternité grâce au mariage mais aujourd'hui : la contraception et la possibilité de retrouver son père biologique changent la donne et la peur de la fornication n'est plus vraiment justifiée. Je sais que vos positions sont loin d'être isolées en Afrique ou même dans d'autres pays du monde mais je vous parle d'un pays, la France, où ces positions sont largement minoritaires ;) Bien à vous et que Dieu vous bénisse !

      • Lecteur

        224.300 interruptions volontaires de grossesse ont été réalisées en France en 2018, si l'on enlève simplement 10 % d'IVG pour raisons médicales, cela nous donne 200 000 IVG en 1 an, soit 2 millions sur une décennie ! Votre Ijtihad de la contraception ne tient pas la route si l'on se base sur la réalité des choses.

        • Eva Janadin

          Je ne comprends pas la logique de votre raisonnement et d'où sort le 10 %.

          • LECTEUR

            Il y a forcément des femmes qui avortent pour problème de santé ou alors parce que le fœtus et très mal en point, il faut distinguer l'IVG pour causes médicales de l'IVG de confort. Les 10 % sont un chiffre hypothétique, je pense que la réalité est bien en dessous.

  • Lecteur

    Je ne suis pas certain de votre recherche lexicographique, ouvrez svp lisan al arab vous y trouverez ce qui est rapporté du poète anté ismamique al a'asha ( https://ar.m.wikipedia.org/wiki/%D8%A3%D8%B9%D8%B4%D9%89_%D9%82%D9%8A%D8%B3 ) concernant le zina on rapporte de lui la parole suivante : ومنه قول الأَعشى:إمَّا نِكاحاً وإِمَّا أُزَنُّ

    • Eva Janadin

      Je parle d'une recherche lexicographique interne au Coran et non avec l'aide des dictionnaires lexicographiques ayant tous subi des ajouts postérieurs à l'époque coranique.

      • Lecteur

        Le problème c'est que ce poète est un poète de la Jahaliyya, dire que ces propos ont été modifiés pour coller à celui des juriste n'est pas cohérent.

        • Eva Janadin

          Que des poètes préislamiques ou des juristes abbassides aient eu cette opinion personnelle de confondre adultère et fornication est un fait indéniable. Je n'ai jamais prétendu le contraire mais cela ne m'intéresse absolument pas. Ce qui m'intéresse beaucoup plus est ce que Dieu en dit dans le Coran et non ce qu'en disent les mentalités humaines antérieures ou postérieures à la Révélation. Pour cela, seule une analyse intratextuelle, c'est-à-dire interne au texte, peut nous apporter un début de réponse. Or, la fornication y est traitée de manière très précise et particulière : avec des termes précis et dans un contexte précis. La fornication y est désapprouvée uniquement dans le cas où elle devient un moyen injuste asservissant les femmes : en l'occurrence les femmes esclaves. Le fait que cette condamnation de la fornication ait eu lieu dans un contexte bien précis doit toujours nous alerter pour interpréter le Coran, en saisir l'esprit, le sens profond et nous interroger. Ce ne sont donc pas les relations sexuelles hors mariage en tant que telles et dans tous les contextes qui posent problème moralement mais le fait que des hommes utilisaient ces relations sexuelles pour asservir leurs esclaves sans leur donner les bénéfices sociaux du mariage. C'est l'excès qui est condamné. Aujourd'hui, on pourrait en tirer un principe directeur absolu : si les relations sexuelles hors mariage blessent la dignité ou empêchent à certaines femmes (ou hommes) de trouver une stabilité intérieure ou bien si l'un des membres du couple cherche à utiliser son conjoint comme un objet sexuel pour assouvir ses propres désirs sans vouloir s'engager à protéger l'autre, à être généreux avec lui ou elle et à l'aimer alors oui, dans ce cas uniquement, la fornication est à réprouver car cela relève du bon sens de trouver que ces situations d'abus sont injustes, ce que le Coran souligne. Mais n'oublions pas non plus que le mariage n'évite en rien ce genre de problème ! Vous pouvez très bien faire souffrir votre conjointe ou votre conjoint de cette même manière tout en étant marié ! Il est même évident qu'il existe des couples non mariés plus heureux, fidèles et épanouis que des couples mariés. En revanche, le terme zinâ n'est pas utilisé dans le Coran dans un contexte précis (sauf pour les peines légales infligées aux couples adultérins ce qui nous montre que ces dernières sont bien conjoncturelles) : à part pour dérouter le lecteur alors que le Coran se veut clair, il n'y a pas de raison que zinâ veuille dire la même chose que sifâh. Zinâ est souvent associé dans le Coran à d'autres péchés moraux (ce qui n'est jamais le cas pour sifâh) : le vol, le meurtre ou la calomnie, comme en 60, 12 ou en 25, 18. Nous sommes donc dans un autre registre, plus atemporel et absolu et non conjoncturel en lien avec une habitude particulière de l'époque de la Révélation. Étant donné que le mariage n'est jamais assimilé à une fonction sexuelle de reproduction dans le Coran (bien au contraire !), étant donné que les conditions de réussite du couple sont de se prêter serment et de préserver cette alliance dans l'amour et la générosité, étant donné qu'à aucun moment dans le Coran le mariage ne sert à récompenser la virginité ou à légitimer les relations sexuelles mais qu'il sert à protéger socialement les femmes et leurs enfants : on peut en déduire à partir de cette analyse de manière assez logique que le plus grand péché commis dans le cadre du couple est la tromperie et l'infidélité de l'adultère et non le fait de ne pas être marié. C'est cohérent avec le fait que le Coran place à un haut degré éthique le respect des pactes et des serments à toutes les échelles : entre Dieu et les humains, entre les humains dans une société et entre les membres du couple. Alors que le cas de la fornication (sifâh) est intégré dans un contexte textuel particulier, celui de l'incitation à la libération des esclaves (et c'est d'ailleurs l'une des préoccupations sociales principales du Coran, ne l'oublions pas ! Une préoccupation bien plus noble que de s'intéresser à la vie sexuelle d'autrui...), l'adultère (zinâ) est traité en même temps que d'autres fautes morales. Ce n'est pas le même registre, pas le même contexte, pas le même niveau d'interprétation. Enfin, il faut aussi analyser le thème du mariage avec un autre élément coranique fondamental et récurrent. Dieu dans le Coran est particulièrement vigilant aux ressources matérielles de chacune et de chacun : ne serait-ce pas injuste de Sa part que d'obliger tous les couples à se marier sachant qu'il faut avoir des moyens pour le faire ? Tout le monde n'a pas les moyens, y compris aujourd'hui, et cela. Dieu dans le Coran en est parfaitement conscient. Certaines interprétations affirment que le célibataire pauvre doit faire vœu d'abstinence sexuelle jusqu'au mariage mais n'est pas une lecture injuste et néfaste ? On voit les dégâts (viols, harcèlement sexuel des femmes, frustations mentales...) créés par l'encouragement à une abstinence complète avant le mariage dans des pays pauvres où les hommes ne sont pas autonomes financièrement avant parfois 30 ans ! Au contraire, le vœu de fidélité et de loyauté dans le couple est accessible à tout le monde au-delà des moyens matériels, à moins de se donner des prétextes scabreux pour refuser de s'améliorer moralement et de faire le bien. À partir de cette information, il est de nouveau logique de considérer que zinâ désigne uniquement l'adultère et non la fornication. Zinâ est utilisé dans un contexte général et absolu car la lutte contre ce penchant concerne tout le monde, quels que soient les moyens financiers, quelles que soient les époques, alors que la question de la fornication et du mariage n'est que conjoncturelle car elle ne peut concerner que les personnes ayant les moyens de se marier.

          • LECTEUR

            Toute cette analyse lexicographique intra-coranique n'est pas très sérieuse à mon sens, prenons par exemple le verset 31 de la sourate 24 on verra qu'une prostituée non mariée y est qualifiée de Zania, par conséquent il apparaît que celle qui est désignée par le terme Zania peut ne pas être mariée. Voici le texte ou plutôt le contexte (vous aimez insister sur le contexte de révélation) du verset ; d’après Abdullah ibn Amr ibn al-‘As, Amr ibn Chou‘aib rapporte d’après son père que son grand père a dit: « Un homme du nom Marthad ibn Abi Marthad al-Ghanawi était chargé de porter les prisonniers (de guerre) de La mecque (à Médine) A La Mecque, il y avait une prostituée appelée Inaq qui avait des relations illites avec lui.». (Marthad dit:) je me suis rendu au Prophète en lui disant: « Ô Messager d’Allah ! Permets-moi de me marier avec Inaq » (on voit donc qu'elle n'est pas mariée) (Le narrateur a dit:) Il a gardé le silence sans me répondre et ce verset fut révélé.« Le fornicateur n’épousera qu’une fornicatrice ou une associatrice ». [Sourate 24 : la lumière, Verset 3] {‏ وَالزَّانِيَةُ لاَ يَنْكِحُهَا إِلاَّ زَانٍ أَوْ مُشْرِكٌ ‏}‏ Il m’a appelé et m’a récité ceci (verset) et m’a dit: « Ne l’épouse pas.». Voici une preuve évidente issue des circonstances de révélation qui démontre que le terme Zani désigne l'homme ou la femme qui fornique (marié ou non). cette circonstance de révélation est rapportée par Abou Daoud et surement par d'autres mais je vous avouerais ne pas avoir le temps de rechercher chez d'autres spécialiste des asbab an-nuzul comme Suyuti par exemple.

          • Eva Janadin

            Excusez moi de la réponse précédente car je n'avais pas compris à quel verset vous faisiez référence donc je refais ici une autre réponse en supprimant la précédente. Par rapport au verset 3 de la sourate 24 : pour mieux comprendre ces circonstances de Révélation il faut élargir les recherches sur l'histoire de Marthad et se demander ce qui lui était reproché précisément : ce mariage lui a-t-il été refusé parce qu'il entretenait des relations sexuelles hors mariage ou bien parce qu'il voulait se marier avec une associatrice du nom de 'Anaq avec qui il avait entretenu à La Mecque une relation avant sa conversion à l'islam mais qu'il avait abandonnée après s'être converti et avoir migré à Médine ? On pourrait choisir la deuxième option en regardant du côté du Tafsîr d'Ibn 'Abbâs qui explique la révélation du verset 221 de la sourate 2 en lien avec cette histoire et qui porte justement sur l'interdiction des mariages avec les associatrices de la Mecque car le contexte n'était pas très tolérant à l'égard des premiers musulmans de l'époque comme je le développe ci-dessus. D'après Ibn 'Abbâs, la révélation du verset 2 de la sourate 221 aurait été faite après la demande de Marthad de se marier avec 'Anaq et qui lui a été refusée car elle n'était pas musulmane. Nous sommes donc dans un contexte de guerre, de mariages mixtes et de rupture des liens conjugaux avec l'ennemi mecquois et non dans le cadre du jugement moral des relations sexuelles hors mariage, ce que confirme par ailleurs le verset 3 de la sourate 24 qui mentionne justement l'association (mushrik). Cette histoire de l'idolâtrie de 'Anaq est aussi confirmée et développée dans les Asbâb al-Nuzûl d'al-Wâhidî. Je le répète : que le mariage ait toujours été une institution préférée dans l’histoire de l’humanité en particulier pour des raisons de protection juridique et sociale, je ne l’ai jamais nié : je dis simplement que le Coran ne s’intéresse pas à cette question mais uniquement à celle de la protection des femmes esclaves/prostituées, de l’adultère et des mariages mixtes. Pour le reste, c’est aux sociétés humaines de se décider et de choisir leurs règles sans sacraliser les coutumes qui doivent évoluer avec leur temps et vers toujours plus de justice et d'égalité. Que la paix vous accompagne.

          • LECTEUR

            Verset 3 plutôt que 31

          • Lecteur

            Je pense que vous mobilisez les tafasir classiques uniquement lorsqu ils vous arrange. Car il sont unanimes sur la notion de zani( juste quelques divergences mineures). Mais mon propos sur ce verset visait simplement à demontrer que le terme zani englobe la personne non mariée et pas seulement l adultere. Car c est le noeud du probleme. En effet si je vous dit : n epousera X que untel ou untel, ici le celibat de X est clairement sous entendu, X n est donc pas marié. Dans le verset en question zani est X. Bref si il est question de projeter le mariage d un zani, ou d une zania, c est qu au moment de cette projection la Zania est celibataire.

          • Eva Janadin

            « Je pense que vous mobilisez les tafasir classiques uniquement lorsqu'ils vous arrangent. » Je pourrais aussi vous rétorquer que vous refusez de voir ce qu’il y a écrit dans les tafâsîr classiques uniquement car cela ne va pas dans votre sens. Ces circonstances de la Révélation fonctionnent sur une méthode empirique et inductive : observer des cas particuliers à partir desquels, et sans extrapolations tirées par les cheveux, nous pouvons saisir le principe absolu du verset. Or, vous pratiquez la déduction : vous partez d'une généralité sur le terme zanî en élargissant le sens et en vous éloignant totalement des circonstances de la Révélation qui évoquent le plus souvent de situations excessives que Dieu voulait alors corriger. La question n'est donc pas de savoir si un tel ou un tel était célibataire ou marié mais de comprendre pourquoi telle chose fut interdite. Or, dans ces versets, le Coran ne se focalise pas sur la question du mariage des acteurs mais sur leur manière de mener leur vie conjugale. Par ailleurs, vous m'avez donné un argument en vous aidant de l'histoire de Marthad pour justifier cette question d'adultère/fornication, je voulais simplement vous préciser que le mariage de Marthad a été refusé en raison de l'idolâtrie de 'Anaq. Cette anecdote ne tient donc pas pour justifier votre position puisqu'elle ne concerne ni l'adultère, ni la fornication. Continuons dans l’analyse des circonstances de Révélation du verset 3 dans la sourate 24 et de la signification du mot zanî dans cette situation. On trouve chez Ibn ‘Abbâs, al-Jalalayn, Ibn Kathîr et al-Wâhidî le même point commun : ce verset répond à un problème lié à la prostitution. Certains Compagnons du Prophète (pbsl) émigrés de Médine cherchaient à se marier mais étaient bien trop pauvres pour le faire. Pour s’enrichir, certains se mirent à convoiter la fortune des prostituées idolâtres de Médine qui étaient alors très riches. La seule manière de profiter de leurs biens était de se marier avec elles. Par exemple, l'une d'entre elles, Umm Mahzul, proposait à qui voulait se marier avec elle d'être entretenue par son mari tout en continuant à vendre son corps et à lui faire bénéficier de ses revenus issus de cette activité ; il y a donc là un cas flagrant de proxénétisme et de débauche en raison de cette commercialisation du sexe. Le verset 3 de la sourate 24 est donc venu interdire à ces Compagnons démunis… de se marier ! Pourquoi ? D’une part pour ne pas les laisser se livrer à la dépravation sexuelle par l’asservissement du corps de la femme (le terme arabe pour désigner la prostitution dans le Coran est al-baghâ dont la racine évoque l’idée d’excès et d’agir avec injustice avec quelqu’un pour l’opprimer), et d’autre part parce que ce comportement enfreint le principe directeur coranique qui affirme que le mariage est un pacte d’alliance fondé sur l’amour et la bienveillance entre les conjoints. Or, vouloir se marier uniquement pour s’enrichir est ici jugé immoral par Dieu car cela va à l’encontre du principe même du mariage. Cela rejoint mon argument précédent auquel vous n’avez par ailleurs pas répondu : obliger tous les couples à se marier sans prendre en compte les problèmes de pauvreté risque d'amener à une dérive inévitable : se marier pour de l’argent. C’est précisément ce que Dieu a voulu empêcher à travers ce verset ; il ne s'agit donc pas d'une condamnation absolue de toute relation sexuelle hors mariage.

          • Lecteur

            Je pense que c est pourtant claire, la prostituée celibataire est ici designée par le terme zania. Il n y a donc pas de raison de restreindre le mot zina à l adultere seulement. D un coté les tafasir et les dictionnaires de langue arabe sont claires sur le terme zina, verset, hadith et poeme de la jahaliya à l appui et de l autre vous sans autres arguments que des suppositions.

          • Eva Janadin

            Si pour vous les explications mentionnées dans les ouvrages principaux de l'exégèse coranique et des circonstances de la Révélation reconnues par de nombreux savants en islam, même les plus conservateurs, ne sont que des "suppositions", alors vraiment, je ne peux rien faire de plus ! Vous n'écoutez même pas mes arguments et n'y répondez aucunement depuis le début en me répétant les mêmes choses sur la signification de zinâ. Je vous ai donné des informations précises et sourcées, j'attends donc des réponses précises. La signification d'un mot varie entre les auteurs : ce qu'il est important de comprendre n'est pas tant la signification que l'on donnait à un mot à une époque mais ce que chaque auteur entend en utilisant tel ou tel mot ; à son tour, le récepteur du message comprend à quelle situation il est fait mention car ce même récepteur est témoin des faits qui sont évoqués. Nous ne pouvons donc comprendre le sens d'un terme qu'en fonction des intentions de l'auteur et de la situation contextuelle à laquelle il est référence : pour ce qui est du Coran, le mot zinâ a été utilisé par Dieu en lien avec un contexte précis : celui de la prostitution (or, il me semble que se mettre en couple avec une prostituée implique nécessairement une situation d'adultère et d'infidélité). Par ailleurs, vous n'avez toujours pas répondu à l'argument du problème d'obliger à se marier des personnes démunies et des risques que cela engendre... ce qui est (encore une fois !) la seule préoccupation de ces versets lorsque l'on est éclairé par les circonstances de Révélation que je viens de vous citer en détails ! Ainsi, même si vous arriviez à me prouver que la prostituée ou l'homme n'était pas marié cela ne changerait absolument rien à la question puisque cette union a été interdite non pas en raison d'une situation conjugale particulière mais en raison de l'immoralité d'une telle union fondée sur des considérations mercantiles !

          • Lecteur

            Svp donnez moi un seul tafsir qui mentionne explicitement que zani ne concerne que la personne mariée et pas le celibataire. Qui à part le docteur Ajami a donné cette interpretation? Personne à ma connaissance. Vous manipulez les mots pour légitimer la fornication, comme vous le faites (ou faisiez )pour boire de l alcool et manger du Cochon Eva

          • Eva Janadin

            Votre ton devient très désagréable et irrespectueux. Un débat est clos dès lors que des attaques personnelles servent d'arguments et vos clichés vous décrédibilisent totalement. C'est bien dommage de ne pas être capable de mener jusqu'au bout une discussion et de ne pas être capable d'écouter la personne qui vous répond. Il ne s'agit pas de légitimer ou non la fornication, mais simplement de comprendre de quoi le Coran parle et ce qu'il condamne exactement.

          • LECTEUR

            Mais svp dites moi qui à part le docteur Ajami tient cette position sur le terme zani, personne... quelle mufti autorise l alcool?Meme al ajami le considere comme illicite. Restons sur le coeur de notre discussion, aucun savant de la langue arabe n a donné cette definition du terme zani. Ajami n est pas un savant de la langue arabe et en plus il est seul. Ce ne sont pas des attaques personnelles ce sont des faits et vous le savez, maintenant vous pouvez supprimer mon commentaire precedent si vous le souhaitez vu que votre site et public et que vos habitudes alimentaires (ou anciennes habitudes puisque je ne sais pas ou vous en etes avec le cochon et l alcool en 2020) sont du domaine privé. Il faut juste arrêter de prendre les gens pour des imbéciles.

          • Eva Janadin

            Vous perdez votre sang froid et vous tombez à nouveau dans l'attaque personnelle de manière totalement irrationnelle et infondée car je ne sais pas pourquoi vous voulez désormais parler de l'alcool et du porc. Supprimer vos commentaires serait vous donner raison.

          • LECTEUR

            Consommez vous du cochon et de l alcool ? Soyez honnete Eva

          • LECTEUR

            Votre silence sur la question en dit long. Honnêtement croyez-vous être crédible. Vous pouvez aménager vos théories de mots savants et d’hypothèses alambiquées, votre pensée est loin d’être de la haute gastronomie, mais plutôt un fast food théologique genre Mac Donald « Venez comme vous êtes » buveurs d’alcool, mangeurs de cochon, homosexuels et que sais-je, la Mosquée Simorgh pliera les sources scripturaires dans tous les sens pour légitimer chacun des caprices de vos âmes. Svp quel mufassir ou savant de la langue arabe a réduit le terme zani à l’adultère ? heureusement qu’il y a plusieurs mots pour décrire les relations hors mariage, la langue arabe est très riche. Malgré cette richesse et les divergences sémantiques, je ne connais personne avant vous (à part al Ajami) qui ait tenu cette position. Vous invitez les musulmans à « se libérer des carcans » mais j’aimerais que vous puissiez vous aussi vous libérer en m’indiquant si oui ou non vous consommez de l’alcool et du cochon. Liberté de conscience…..

          • Eva Janadin

            Mon silence cherche simplement à vous signifier que la calomnie, le mensonge et les attaques personnelles sont bien loin des exigences éthiques du Coran et que votre comportement est profondément indigne de notre religion.

          • LECTEUR

            Donc une simple question est une calomnie? une simple question m'exile du champ de la dignité? Bravo la liberté d'expression. Je ne pensais pas que ça puisse arriver mais vous semblez plus fermée au dialoque que certains salafi avec qui j'échange. Zut une question quoi? je ne vois pas en quoi c'est de la calomnie.

          • LECTEUR

            Puisque vous vous vexez je vais vous prouver que je ne suis pas dans la calomnie et l'attaque personnelle. Tout d'abord de source fiable des gens qui boivent de l'alcool ou qui en buvaient très recemment fréquentent votre mosquée Simorgh, c'est un fait et vous le savez. Ce n'est donc pas une calomnie. Pour ce qui est des homosexuels, Ludovic Zahed, Gay revendiqué a assisté à votre premier temps de prière, c'est là aussi un fait. Je cite son nom car il assume totalement son homosexualité. pas d'attaque personnel, il assume pleinement.

          • Eva Janadin

            Monsieur, je ne vois pas où vous voulez en venir ni l'intérêt d'avoir soudainement bifurqué de l'adultère/fornication vers la question du porc et de l'alcool qui n'ont rien à voir avec le sujet de l'article. Que je vous dise que je ne mange pas de porc ou que je ne bois pas d'alcool ne changera absolument rien à votre préjugé de départ puisque vous semblez être persuadé de l'inverse. Vous n'êtes pas d'accord avec les principes des Voix d'un islam éclairé ni ceux de la mosquée Sîmorgh : libre à vous, cela ne me pose aucun problème tout simplement parce que ce n'est pas à vous que je m'adresse mais aux personnes qui ont besoin de vivre l'islam autrement et qui ont besoin de prier dans d'autres lieux de culte, avec d'autres règles. Votre désaccord vous pousse à faire des généralités abusives sur l'ensemble de nos fidèles et des acteurs de ce projet en insinuant que nous mangeons du porc, que nous buvons de l'alcool, que nous aurions une sexualité débridée, et j'en passe. Vous n'êtes ni le premier ni le dernier à insinuer ce genre de clichés et de préjugés sur nous. Soutenir les homosexuels et leur garantir la liberté au sein de l'islam ? Nous ne nous en sommes jamais cachés de cela donc ce que vous dites n'a rien d'un scoop, c'est par ailleurs écrit noir sur blanc dans notre manifeste fondateur. Votre point de vue sur les homosexuels est votre problème, pas le nôtre. Mais sachez que tous les arguments sur le thème de l'article ci-dessus ont été développés dans ce qui est écrit et complétés par les commentaires. Je n'ai donc absolument rien à rajouter au débat qui finalement n'était qu'un prétexte pour vous pour partir dans des procès d'intention. Vous avez le droit de ne pas être d'accord et de ne pas nous suivre. Sachez donc que vous pouvez aussi passer votre chemin, laisser les musulmans qui ne vivent pas le même islam que vous comme ils le souhaitent et vous concentrer sur votre propre lien à Dieu et votre approfondissement spirituel sans vous préoccuper de la religiosité d'autrui. Personne ne vous oblige à lire nos articles, personne ne vous oblige à venir dans la mosquée Sîmorgh, personne ne vous oblige à perdre votre temps en commentant avec acharnement cette page. Vous êtes libre d'avoir vos propres interprétations, laissez-nous donc libres d'avoir les nôtres. Sur ce, je vous salue.

          • LECTEUR

            Merci pour votre réponse. Ce ne sont pas des insinuations comme je l'ai démontré. d'ailleurs pouvez vous, vous même m'affirmer que vous ne consommez pas d'alcool? c'est une simple question pas un jugement.

          • Eva Janadin

            Je vous ai répondu ! Que je vous dise que je n'en boive pas ne changera rien à votre avis sur moi de toute façon ! Donc quel intérêt d'insister sur cette question puisque vous n'écoutez pas ma réponse ? Ne me faites pas croire que "c'est une simple question et pas un jugement". Serait-il possible de vous mêler de votre religiosité personnelle et non de celle des autres car c'est justement la base de toute religion ?

          • LECTEUR

            C'est vous qui faites des khutba pas moi! juste soyez honnête répondez moi par oui ou non, simplement je ne vous questionne pas sur quelque chose d'intime juste votre régime alimentaire

          • Eva Janadin

            Oui et j'ai fait une khutba sur... le couple (et non sur l'alcool) ! Pas la peine d'insister, je ne vous connais pas, vous ne me connaissez pas et je n'ai absolument pas envie d'échanger avec vous sur ce sujet (qui est justement intime et personnel !) vu la tournure qu'a pris cette conversation. Bien à vous, cette conversation est terminée de mon côté.

          • LECTEUR

            le régime alimentaire est intime, je suis écroulé de rire, merci, merci beaucoup pour cette discussion. Super pour une (imame) le "je ne vous connais pas", on sent la fraternité.

          • Lecteur

            J ai pensé qu en allant sur le post dans lequel vous parlez de l alcool vous accepteriez de développer votre position afin que je puisse continuer à vous donner mes arguments, mais vous semblez fragile des que le debat vous touche personnellement. J irais donc directement au but. Vous dites qu il n y a pas d interdiction scripturaire au rapports sexuels hors mariage, je vous invite à ouvrir le Coran et lire le debut de la sourate 23, ici les croyants bienheureux sont ceux qui n expérimentent la sexualité qu avec leurs epouses ou leurs esclaves ( l esclavage n n'existant pas dans nos sociétés, cette categorie est évincée de fait). Vous serez surement tentée d argumenter sur le sens du mot zawj. Je vous invite alors à revenir à la sourate 33 verset 37, qui concerne le mariage du bien aimé Prophète avec Zaynab, ici le terme utilisé est bien زَوَّجْنَٰكَهَا, nous te l avons fait epouser, zawj lorqu il se rapporte à l humain est bien relatif au mariage.Enfin pour repondre à votre argument concernant le mariage comme obstacle aux relations sexuelles dans les pays pauvres, situation qui amène au harcelement, je vous propose d en discuter avec des specialistes comme DSK ou Weinstein, qui sont bien connu pour leur modeste condition. Sinon vous pouvez revenir au verset suivant : Mariez les célibataires d’entre vous et les gens de bien parmi vos esclaves, hommes et femmes . S’ils sont pauvres, Allah les rendra riches par Sa grâce. Car (la grâce d’) Allah est immense et Il est Omniscient...... finalement je penses que vous devriez vous interroger sur ce qu est un mariage plutôt que sur la possibilité d avoir des rapport en dehors de cette union.

          • LECTEUR

            Vous citee mohamed talbi dans votre khutba voici qui es cette homme : .....L’islamologue tunisien, Mohamed Talbi, est revenu dans une interview accordée à la journaliste Sayma Mzoughi, sur la dimension religieuse de la prostitution, l’homosexualité et l’adultère. Mohamed Talbi, qui avait auparavant appelé à une « révolution sexuelle et à l’abolition de la chariâa», explique qu’il n’existe aucune sourate coranique qui punit la prostitution. « Celles qui veulent sortir complètement nues dans la rue, peuvent le faire. Il n’existe aucun texte coranique qui l’interdit […] De même que si une jeune femme, non mariée, s’adonne à la prostitution, elle a le droit de le faire et peut encore être considérée comme une musulmane respectable ». En effet, il explique, en citant le Coran, que ce serait le proxénétisme qui aurait été interdit dans le Coran et non le fait de se prostituer. Dans la même logique, il avance que du temps du prophète Mohamed, les prostituées exerçaient leur métier librement, sans être punies, battues ou tuées. « C’est le Coran qui le dit, sommes-nous plus extrémistes que le prophète ? », demande-t-il. Il explique également qu’un homme marié, dispose de 4 épouses, et peut également s’offrir les services d’une prostituée « ceci ne sera pas considéré comme un pêché », affirme-t-il. Au sujet de l’homosexualité, Mohamed Talbi affirme également qu’aucune sourate coranique n’évoque les rapports sexuels entre des hommes ou ne l’interdit. Selon ses dires, tant que 4 personnes n’ont pas été témoins de l’acte, on ne peut parler de pêché.

  • Karim

    Je vous remercie infiniment Pour ce partage ,qui m'a permis de enrichir mon d'avoir rrligieu en terme coranique, et éducation sperituelle.

    • Eva Janadin

      Merci à vous ! Que Dieu vous bénisse !

  • lecteur

    Lorsqu'on lit votre discours sur les rapports sexuels hors mariage on comprend votre position concernant le voile. C'est assez intéressant car vous avez une approche qui ressemble à celle des partisans de la lapidation, je m'explique. Le terme Zani pour certains mujtahids Hanafites signifie le fornicateur (Marié ou non), ces mujtahid Hanafites (Abu Zahra, Yousouph al qaradawi) sont d'avis qu'un hadith ahad ( en l'occurence ils considèrent le hadith d'Omar sur la lapidation comme ahad, et concernant le hadith de maïz il considèrent que les événements ont eu lieu avant la révélation du verset de sourate An nour) ne peut réduire la portée générale d'un mot. Ainsi par exemple les chafiites stipulent grâce à cet exemple qu'un hadith ahad peut restreindre la portée générale d'un terme (ici selon eux le mot Zani renvoi au fornicateur non marié uniquement). Quand à vous, vous faîtes l'inverse, vous restreignez le sens du mot Zani au fornicateur marié et uniquement le marié, ainsi selon vous celui qui n'est pas marié n'est pas désigné par le terme Zani. Bref les juristes qui restreignent ce terme le font sur base d'un texte et d'une méthodologie. Quand à vous je ne vois pas sur quelle base vous affirmez ce propos inverse..

    • Eva Janadin

      Merci pour votre réponse et votre intérêt. Vous me questionnez sur ma méthodologie : on voit qu'elle est bien différente de la vôtre et que nous ne partons pas des mêmes postulats de départ : je parle pendant une dizaine de pages d'un seul texte : le Coran, et éventuellement quelques hadiths ; vous n'argumentez qu'en utilisant les hadiths et le fiqh. Ma méthodologie a pour point de départ le Coran : elle consiste à regarder comment le terme zanî est utilisé dans tout le texte en faisant des recherches lexicographiques et contextuelles pour tenter de saisir l'esprit et le principe directeur. Cela permet de montrer que la question du mariage n'a rien à voir avec la légitimation d'une sexualité licite et que la fornication est désignée par un terme précis qui n'a rien à voir avec l'adultère : al-sifâh ; condamnée dans un contexte bien précis, celui de l'esclavage sexuel. La jurisprudence (qui plus est quand elle part d'un Frère musulman ayant des positions plus que douteuses en matière d'humanisme) est très secondaire : elle vient après le Coran et après la Sunna. Avant d'utiliser les avis de savants, la première étape est d'abord de bien lire le Coran et de retourner aux origines du texte. Ensuite, on peut discuter du reste... Bien à vous.